Contribution de l’AQIM aux Assises du Médicament - Avril 2011
PROPOSITION 1
Selon le référentiel de certification, L’entreprise s’assure des connaissances et des compétences de ses délégués médicaux pour la diffusion d’une information de qualité.
Dans la pratique, il apparait que les modules d’enseignement, de l’ère thérapeutique, des moyens économiques engagés par la firme, le niveau de formation du délégué est inégal, et de ce fait, la restitution de l’information médicale délivrée en visite médicale est également inégale.
Nous recommandons :
Formation d’intégration scientifique et professionnelle des délégués médicaux selon un référentiel de modules de formation commun à tous les laboratoires.
Formation continue
- Le rattachement du service formation aux pharmaciens responsables (et non rattaché aux directions des ventes ou directions des opérations),
- Plateforme d'évaluation des connaissances des délégués médicaux et de leur encadrement accessible et vérifiable par les certificateurs, et/ou par un conseil de surveillance dont certains membres seraient des professionnels de santé en exercice,
- Formation continue étendue à l’encadrement des réseaux de délégués médicaux (Directeurs Régionaux),
- Amélioration de la traçabilité et de l’accessibilité des supports de formation par les auditeurs lors de l’audit du renouvellement de la certification,
Intégration systématique d’une formation :
- Système de Santé français en particulier à l’Hôpital, à la dimension économique du médicament et des dispositifs médicaux
- Gestion des risques appliquée à la visite médicale
Dans le cas de la formation, il s’agira également de mieux définir les périmètres respectifs de la certification et de l’inspection pour identifier le champ des responsabilités.
PROPOSITION 2
Selon le référentiel de certification, l’Entreprise évalue la qualité de l’information délivrée par les délégués médicaux en s’appuyant sur des séances de mise en situation.
Dans la pratique, soit le contrôle oral du discours du délégué :
-
est organisée lors de séminaire interne par le pharmacien responsable qui mandate son équipe réglementaire, ou des collaborateurs médecins ou encadrement commercial,
-
est organisée par une société extérieure qui fait appel à des médecins en exercice, sélectionnée sur le fichier du laboratoire.
Nous recommandons pour éviter des biais d’interprétation de la qualité du discours qu’un contrôle soit exercé périodiquement par des professionnels de santé (de préférence en exercice) spécialiste de l’évaluation au sein de structures agréées par la HAS.
PROPOSITION 3
Extension du référentiel de certification HAS
L’adhésion à la charte n’est pas la même en fonction du niveau hiérarchique, considérant que certains collaborateurs n’ont pas tous le même intérêt à promouvoir un message transparent et rigoureux.
De ce fait, Il y aurait lieu d’appliquer le champ de la certification à toute la chaîne ayant trait à la promotion du médicament : directeurs régionaux, formateurs, service vente et marketing, et à toute personne qui même occasionnellement délivre de l’information sur le médicament à tout type de professionnel de santé ville et hôpital.
PROPOSITION 4
Rémunération variable des délégués médicaux
Notre association est consciente que la certification ne peut aller plus avant que la charte de la visite médicale. Cependant une partie de la rémunération basée sur l’intéressement invite à la suspicion car privilégiant la quantité à la qualité des visites médicales.
Sans s’ingérer dans la gestion des firmes pharmaceutiques dans l’attribution du principe d’intéressement de leurs délégués médicaux.
Mais rappelant l’importance de la contribution de la visite médicale au Service Médical rendu aux patients par les acteurs de santé.
L’AQIM ne saurait que recommander que le critère « qualité de l’information délivrée aux acteurs de santé » puisse être pris en compte dans l’évaluation de cette part variable de la rémunération du DM.
PROPOSITION 5
Délégué médical & Pharmacovigilance
Le rôle du délégué médical est incontestable dans la remontée des informations sur les effets indésirables, liés à l’administration des spécialités pharmaceutiques.
On peut déplorer que cette remontée par le délégué médical, ne soit pas optimale.
D’une part, la légitimité du délégué n’est pas assez déterminante et visible pour le prescripteur, dans le recueil des éléments pour la notification.
D’autre part, ce recueil est difficilement réalisable dans le cadre d’une visite médicale souvent limitée dans le temps.
Pour augmenter le nombre de signalements sur les effets éventuels inattendus révélés par le prescripteur lors de la visite médicale, il y aurait lieu de sensibiliser celui-ci au caractère obligatoire de cette déclaration, dès lors qu’un effet indésirable est signalé oralement par le prescripteur au délégué médical (suivi direct de la firme avec le médecin).
Pour augmenter la traçabilité et la transparence de la surveillance des médicaments, si le délégué médical procède à une notification directe au service de pharmacovigilance de son laboratoire, le délégué devrait également faire parvenir une copie de cette notification directement au Centre Régional de Pharmacovigilance Régional, à l’Afssaps ou à la HAS.
PROPOSITION 6
Le ciblage de la visite médicale
Tous les médecins ne bénéficient pas de la visite médicale en face/face. Cependant les médecins non visités devraient également être informés sur le bon usage du médicament notamment, sur les spécialités nécessitant une surveillance particulière et/ou relevant d’un plan de gestion des risques, et/ou sortie de la réserve hospitalière.
Il serait souhaitable d’élargir cette information à cette population de médecins non rencontrés dans le cadre d’une visite médicale en face/face. Seulement, il s’agit de tenir compte des réalités économiques des firmes, et pour cela il est indispensable de recourir à d’autres moyens : téléphone, site internet, courrier, edeateling.
Pour la visite médicale par téléphone, il sera nécessaire d’intégrer ce processus lors de l’actualisation du référentiel.
PROPOSITION 7
Extension du référentiel vers d’autres types de promotion
Aujourd’hui, la qualité de l’information n’est pas garantie lorsqu’il s’agit de faire la promotion des médicaments en officine ou des dispositifs médicaux ; En effet, les caractéristiques liées à certains DM (classe IIa, IIb, et III) prévoient un encadrement particulier de l’information.
Il s’agit donc d’étendre le périmètre du référentiel, tenant compte de la spécificité de ces deux types de promotion.
Compte tenu de l’automédication en développement, cette extension devrait tenir compte de la promotion aussi bien pour les produits remboursés ou pour ceux qui ne le sont pas.
PROPOSITION 8
Interdiction de publicité
Les publicités des firmes font l’objet d’un examen à postériori, par la Commission de Publicité et du Bon Usage du Médicament de l’Afssaps. Du fait de ce contrôle à postériori, cette publicité a donc été déjà diffusée lorsqu’elle est contrôlée.
Si cette publicité est considérée comme non conforme aux principes de l’AMM, ou présentant des erreurs, ces publicités peuvent faire l’objet d’une mise en demeure voire d’une interdiction de publicité.
Afin que les prescripteurs soient informés, obligation devrait être faite aux firmes d’informer les professionnels de santé ayant reçu une information tronquée. Elle pourrait être matérialisée par une parution dans un support, par voie de presse, ou d’une information délivrée directement par le délégué médical.
PROPOSITION 9
Loi Anti-cadeaux
Dans le cadre de l’application de la loi DMOS, tout laboratoire pharmaceutique se doit de présenter aux Conseils de l’Ordre National ou Régionaux, un dossier pour avis, lors de la mise en œuvre d’une manifestation relationnelle à l’encontre des professionnels de santé.
Pour améliorer la gestion, le contrôle, la traçabilité des avis, il y aurait lieu de mettre en œuvre des d’outils de workflow grâce à un interfaçage avec les Conseils de l'Ordre des Médecins.
PROPOSITION 10
Création d'un Comité d'Ethique de l'Information Médicale
Ce CEIM se verrait composer de professionnels de santé, associations de patients, représentants des caisses et mutuelles, collaborateurs de l'industrie pharmaceutique.
La Publication d’un rapport annuel sur les pratiques de visite médicale par ère thérapeutique incluant des données statistiques accessible au Grand Public, aux Instances de Santé, et aux professionnels de santé aurait le mérite de la transparence de l’information sur le médicament.