Contributions de l’AQIM aux Assises du Médicament


Nos 15 propositions pour une visite médicale de qualité à l’hôpital

Contribution de l'AQIM aux Assises du Médicament - Avril 2011

Le Comité scientifique de l’AQIM a décidé au milieu 2010 (avant l’affaire Médiator®), de réaliser une étude d’identification des besoins des médecins en matière de visite médicale à l’hôpital.

L’objectif de cette étude était double :

  • Actualiser et confirmer les besoins existants et (soi-disant) connus,
  • Identifier les besoins nouveaux des hospitaliers :
    • Pour améliorer la qualité et la pertinence des échanges entre l’hôpital et les laboratoires pharmaceutiques
    • Pour adapter le discours et les postures des réseaux de visite médicale.

Cette étude a reposé sur l’analyse qualitative des réponses aux entretiens réalisés en face à face avec des médecins hospitaliers sur la base d’un questionnaire préétabli de 44 questions.

99 entretiens ont été réalisés entre le 15 janvier et le 26 Avril 2011 :

  • Du PU-PH à l’interne : PU-PH et MCU-PH, PH, attachés, chefs de clinique, internes
  • 12 spécialités rencontrées: cardiologues, rhumatologues, anesthésistes, infectiologues, néphrologues, pneumologues, endocrino-diabétologues, cancérologues, psychiatres, neurologues, gériatres, pharmaciens hospitaliers.
  • Répartition géographique : France métropolitaine.
  • Types d’établissements : CHU, CH, CRLCC, ESPIC.

Le questionnaire comprenait 44 questions réparties en 8 parties :

  • Obtenir des informations scientifiques
  • VM à l’hôpital et VM en ville
  • Les attentes vis-à-vis de la VM à l’hôpital
  • Les professionnels concernés
  • L’impact de la VM à l’hôpital
  • L’évolution de la VM à l’hôpital
  • La démarche qualité en VM
  • Les facteurs de progrès discriminants de la VM de demain à l’hôpital

Cette étude démontre que la visite médicale hospitalière doit respecter quatre règles fondamentales :

  • informer,
  • former,
  • participer à la pharmacovigilance,
  • respecter la réglementation liée à la promotion du médicament.

Ces règles sont le substrat de sa raison d’être, de ses missions et de ses valeurs. Elles définissent (et limitent) le cadre de son action.
Les conclusions de cette étude permettent de dégager 15 propositions pour améliorer la qualité de la visite médicale à l’hôpital.

Réviser la stratégie de la visite médicale à l’hôpital 

  1. Mener une réflexion stratégique sur (et avec) les interlocuteurs de la visite médicale : l’hôpital et/ou la ville.
  2. Elargir la VMH aux autres catégories de soignants.
  3. Développer la VMH auprès des pharmaciens hospitaliers.
  4. Analyser l’impact de la loi HPST (mais aussi de la T2A) sur la VMH.
  5. Etablir des contacts privilégiés avec les présidents de CME (voire avec les directeurs des établissements de santé). 

Revoir le contenu de la visite médicale à l’hôpital

  1. Communiquer sur les engagements éthiques et responsables de la firme.
  2. Réviser les stratégies de visite et faire reconnaitre la VMH comme une source fiable d’informations scientifiques.
  3. Redéfinir le rôle du délégué médical : il n’est plus seulement un vecteur d’informations. Il est le lien reconnu entre la firme et les acteurs hospitaliers.
  4. Redéfinir le profil du délégué médical hospitalier.
  5. Réviser et compléter la formation des délégués (scientifique et environnemental).
  6. Redéfinir le contenu du discours du délégué médical.
  7. Compléter le lien industrie/acteurs hospitaliers par des prestations associées aux médicaments présentés facilitant leur bon usage. 

Améliorer les outils et les méthodes de la visite médicale à l’hôpital

  1. Personnaliser la VM à l’interlocuteur : une VM adaptée au niveau de spécialisation de l’interlocuteur,
    Une VM spécifique pour le pharmacien hospitalier, à cause de sa place particulière, par exemple : le cas particulier des médicaments à prescription exclusivement hospitalière, …
  2. Développer des outils alternatifs de VM. Par exemple, la e-VM (visite par internet), des programmes de formation post-universitaires incluant des formations aux médicaments, des programmes d’évaluation des pratiques professionnelles (par exemple : analyse de la pertinence de prescriptions), des exercices de simulation de situations de soins sur mannequins, ou à l’aide de logiciels, etc…
  3. Améliorer, simplifier, et faire valider les supports de communication par des experts soumis à DPI.
La communication sur le risque en Pharmacovigilance
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